La verrière du Grand Palais à Paris
Nous remontons le temps jusqu'en septembre 2005 pour faire la visite exceptionnelle de la verrière du Grand Palais à Paris. Fermé depuis 1993, le Grand Palais a subi entre 2001 et 2004 une première phase de travaux titanesques concernant la réfection de la toiture et la consolidation des fondations. Restaurée et illuminée, la grande verrière a retrouvé sa beauté d’antan. Les travaux de toilettage (peintures, sculptures et mosaïques) se poursuivront jusqu’en 2007. La réouverture exceptionnelle de l’édifice à l’occasion des Journées européennes du patrimoine constituent, en France, l’événement phare de leur 22e édition Pour sa réouverture exceptionnelle, pendant 15 jours, la nef du Grand Palais avait mis ce week-end un habit de fête, une scénographie intitulée Ondes visibles : sur fond de musiques anciennes puisé dans le patrimoine français du XVIIe au XXIe siècles, brassées avec des sons naturels de vents, d’orages et de pluie, la voûte se colore tour à tour de bleu, blanc et rouge. L’ensemble -armature métallique, dôme à 45 mètres du sol au point culminant, et verrières illuminées par 12 000 ampoules- est renvoyé en profondeur grâce à un jeux de miroirs et de réflecteurs en plans inclinés. Magistral et vertigineux. Un globe céleste et un globe terrestre, réalisés à la demande de Louis XIV en 1681 et 1683 par Vincenzo Coronelli, un franciscain de Venise. Le globe céleste, décoré de peintures sur fond d’un camaïeu de bleu, représente l’état du ciel à la naissance du monarque. La réouverture temporaire du Grand Palais intervient douze ans après la chute d’un rivet d’assemblage de sa charpente métallique d’une hauteur de 35 mètres, qui laissait présager d’autres dangers potentiels si l’ensemble n’était pas soigneusement vérifié et restauré. Mais avant de s’attaquer à la toiture, il a fallu revoir les fondations. Ainsi, les travaux de réparation de la charpente lancés en octobre 2001, ne commencèrent que huit ans après la fermeture du Grand Palais, une fois remplacés les 3 400 pieux de chêne qui commençaient à pourrir. Ils ont été remplacés par des ouvrages en béton enfoncés entre 15 et 20 mètres de profondeur dans la couche de calcaire «dur» et, là où il n’y en avait pas, c’est-à-dire sur l’ensemble de la moitié sud des murs porteurs, ce sont 1850 colonnes de ciment qui ont été placées. C’est donc dans un deuxième temps qu’ont été réparées la charpente (8 500 tonnes), la verrière (14 900 m2) et la couverture en zinc (5 200 m2), et qu’ont été restaurés les quadriges de Récipon qui surmontent l’édifice : l'Immortalité devançant le Temps et l'Harmonie triomphant de la Discorde. Pour donner la mesure de l’ampleur du chantier, disons encore qu’il aura fallu soulever de deux centimètres une partie des 1 100 tonnes de la charpente métallique du dôme central avant de changer les verrières et de remplacer le verre armé translucide par un verre feuilleté clair. Bonne journée sous le ciel bleu de vos pensées {}*{}*{}*{}



