Souvenir d'enfance

Publié le par lili

Me voilà de nouveau cooptée par l’ami Anjalika et l’amie Moyra pour vous raconter un souvenir d’enfance, autant vous dire que j’ai eu une enfance très bouleversée. Et je vais vous conter deux souvenirs qui sont liés et qui ont changé ma vie, sans le premier il n'y aurai pas eu de second.

Vers l’âge de 1 an, j’ai été séparé de ma famille à cause de la guerre, déportation de ma mère, j’avais été mise chez une nourrice par ma grand mère, en attendant que ma mère reviennent de déportation. Ma marraine en revenant de déportation m’a recueillie et nous sommes venues dans la région parisienne au château de Baillet en France dans le 95, dont elle était une sorte de gérante, le parti communiste y organisait la fête de l’humanité où du même genre, je ne sais trop. J’y ai vécu une vie de sauvageonne livrée totalement à mon bon plaisir d’une enfant de 4 ans et demi dans un parc immense, il y avait une piscine et bien sûr je ne savais pas nager, attiré comme par un aimant j’ai sauté évidemment au plus profond, un nageur sur le bord se pose la question, mais c’est quoi cette masse blonde, il s’est penché, a attrapé cette masse et surpris, je gigotais dessous, il m'a sauvé la vie, étant connue comme le loup blanc dans ce château, ma marraine l’a su, interdiction de roder autour de la piscine, et mon parc, car c'était mon bien, j’ai été punie, interdite de sortie...par la porte, mais… par la fenêtre du 1er c’était possible.

Ce château était ouvert aussi aux campeurs, cet été là, un couple est venu et a sympathisé avec ma marraine et … la sauvageonne qui doucement s’est laissé apprivoiser, je ne les quittais pas. Ma marraine devant s’en aller se faire soigner en maison de repos, étant inquiète de mon avenir, en parle à ce couple. Nous n’avons pas d’enfant, on est d‘accord pour la prendre avec nous, on veut bien se charger de Lili. Aussitôt dit aussitôt fait avec la bénédiction de mon père et ma grand mère, la sauvageonne apprend avec réticence la vie citadine, apprend aussi la vie de famille. La dame et le monsieur (je ne sais comment je les appelais) sont super gentil avec moi et me traite comme leur fille, me promène, me présente aux voisins, à toute la famille qui m’accepte avec joie et bonheur. Un jour l'automne est encore là, lje suis avec la dame dans un autobus car elle refusait de prendre le métro, (une phobie certainement), le soleil la nimbait et jouait l’ombre et la lumière avec sa chevelure qui ressemble à celle du fée, elle parle de quoi je ne sais j’écoute pas, sans aucun complexe je lui demande <<je peux t’appeler Maman,>> elle ouvre et ferme la bouche plusieurs fois et en se mettant à pleurer me dit ho mais bien sur, bisous sur bisous ont séché ses pleurs et je les ai tout les deux appelé Papa et Maman jusqu’à la fin de leurs vies. A l’inverse des autres enfants j’ai choisi mes parents qui ont eu un cœur immense pour moi, j’ai été adopté simplement à l’âge de 25 ans étant mariée et mère de famille, je porte leur nom avec mon premier nom de jeune fille et j’en suis fière et heureuse.

Voilà j’ai été longue pour mon anecdote d’enfance, j’en ai d’autre mais ces 2 là sont les plus fortes et la seconde a changé radicalement ma vie, sauvage je le suis toujours dans l’âme, sous une apparence civilisée.

Bonne journée à toutes et tous, à bientôt de vous revoir par ici.Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit

Je suis la petite à droite, je vous fait remarquer que nous devions porter des chaussettes hautes avant la photo, nos jambes sont toutes blanches

Pour bien faire je ne désigne personne mais que chacun ou chacune qui se sent une petite envie de nous comminiquer une part de son enfance n'hésite pas, tous et toutes vous pouvez continuer cette gentille chaîne de souvenirs. Qui se dévoue

Publicité

Publié dans Privé - un peu de moi

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
Je suis bien tenté par la petite chaine mais ce sera certainement pour la rentrée des classes parce que là, je n'ai vraiment pas le temps de chercher les photos et je veux faire un texte bien pour l'occasion,mais je vais m'y coller, c'est une bonne idée et cela apprend à se connaître. Je savais certaines choses déjà que j'ai lu ici, mais j'ai découvert encore plus... Et tu racontes tellement bien tes histoires, tu devrais faire un roman de ta vie, promis je l'achète ! Bisous doux pour toi ma Lili
Répondre
M
Quelle histoire magnifique et touchante, presque un conte de fée, j'en ai la larme à l'oeil.
Répondre
F
J'avoue être encore bouleversée par ton récit...  La vie ne t'as pas trop gâtée et de plus tu reviens de loin....Merci de nous faire partager tes souvenirs<br /> Gros bisous - Profite bien du week end<br /> Ces quelques fleurs pour toi<br /> MySpace
Répondre
J
Bonjour Lili,<br /> je relis ton texte à tête reposée (si l'on veut) et je le trouve très beau. Tu as trouvé des personnes exceptionnelles sur ton parcours difficile, c'était écrit ainsi. Je pense à une cousine partie trop tôt en mars 2004, je l'avais poussée dans cette piscine, on était vraiment très jeunes et idiots. Mes parents nous ont emmenés un jour (je ne sais plus l'année) et c'était fermé. Que de beaux souvenirs de ce parc que j'ai parcouru de nombreuses fois. <br /> Bises et bonne journée. Joël.
Répondre
:
C'est émouvant de savoir, chère Lili que ton histoire qui avait eu un début dramatique sans ta maman, est devenue un conte de fée. Sur la terre il y a tant que gens qui nous font honte d'être des humains, qu'heureusement aussi, il existe des gens comme le papa et la maman que tu as su émouvoir.  Une histoire d'amour comme on aimerait en entendre plus.Excuse mon retard mais parfois dans la vie on ne peut faire ce que l'on voudrait. Merci d'avoir joué le jeu de ces chaînes qui nous permetttent "parfois" de mieux se connaître.Bisou Lili et à bientôt
Répondre